Prépa IFiP

Méthode

Trois épreuves, trois logiques distinctes. La plus rentable est traitée en premier.

1. L'entretien avec le jury — 50 % de la note

Coefficient 8, contre 5 + 3 pour les deux écrits. Trente-cinq minutes qui pèsent autant que huit heures d'écrit et des centaines d'heures de programme.

L'architecture imposée par l'arrêté

TempsObjetDurée
1Présentation du parcours par le candidat5 min maximum
2Échanges : aptitudes et motivations pour rejoindre la DGFiP~20 min
3Mises en situation évaluant le savoir-être~10 min
Point de vocabulaire décisif — l'arrêté écrit « mises en situation visant à évaluer le savoir-être du candidat ». Pas « les connaissances », pas « la déontologie ». Le jury n'attend pas la récitation de la loi Sapin II : il observe comment vous vous comportez face à un problème humain. Réciter un texte quand on vous demande d'arbitrer est une réponse hors sujet.

Les cinq minutes de présentation

C'est le seul moment que vous maîtrisez entièrement. Il est aussi celui qui fixe l'impression du jury et oriente toutes ses questions suivantes.

Erreur la plus fréquente : dérouler un CV chronologique. Le jury a votre dossier. Répéter ce qu'il a déjà lu gaspille l'unique séquence où vous choisissez le terrain.

Structure recommandée :

  1. Une ligne directrice — ce qui relie vos expériences entre elles et à la DGFiP. Une phrase, énoncée d'emblée.
  2. Deux ou trois séquences illustratives — pas la liste complète. Chacune doit démontrer une compétence transposable : analyse, rigueur, travail en équipe, responsabilité.
  3. Pourquoi la DGFiP précisément — l'arrêté prévoit explicitement l'évaluation des motivations. Une réponse qui vaudrait pour n'importe quelle administration est une réponse faible.

La question qui élimine

« Pourquoi la DGFiP plutôt qu'une autre administration ? » Un candidat incapable d'y répondre précisément échoue sur un item que le texte prévoit noir sur blanc. Une bonne réponse s'appuie sur des missions réelles — recouvrement, contrôle fiscal, gestion comptable de l'État et des collectivités, conseil aux décideurs locaux, expertise domaniale — pas sur des généralités sur le service public.

Mises en situation : la grille à appliquer

Face à un cas (conflit d'équipe, agent en difficulté, usager agressif, doute sur une irrégularité), une réponse structurée vaut mieux qu'une réponse spontanée :

  1. Qualifier — de quoi s'agit-il exactement ? Un problème de management, de droit, de sécurité, de déontologie ?
  2. Identifier l'urgence — qu'est-ce qui ne peut pas attendre ? Protection des personnes d'abord.
  3. Situer son niveau de responsabilité — ce que je traite moi-même, ce que je remonte, ce qui relève d'un autre.
  4. Agir — la mesure immédiate, puis la mesure de fond.
  5. Prévenir — ce que je change pour que cela ne se reproduise pas.

Deux réflexes valorisés : ne jamais rester seul face à une situation grave (hiérarchie, référent déontologue, service RH selon le cas), et ne jamais promettre ce qu'on ne peut pas tenir à un agent ou à un usager.


2. Épreuve n° 1 — Note de synthèse (4 h, coeff. 5)

Dossier documentaire de 25 pages maximum, sur un sujet d'ordre général contemporain — le texte n'impose pas un sujet fiscal ou budgétaire. Le champ est plus large que ne l'anticipent la plupart des candidats.

La règle absolue

Aucun apport personnel. La note synthétise le dossier, rien que le dossier. Introduire une connaissance extérieure, même exacte, est sanctionné : cela prouve qu'on n'a pas compris la nature de l'exercice.

Cette règle vaut pour la première partie seulement. La seconde partie — l'avis argumenté — appelle au contraire une prise de position.

Gestion du temps sur 4 heures

PhaseDurée indicative
Lecture de la commande et survol du dossier20 min
Dépouillement et grille de lecture60 min
Construction du plan30 min
Rédaction de la note90 min
Avis argumenté35 min
Relecture15 min

Le danger structurel de cette épreuve est de sacrifier la seconde partie. Elle est pourtant celle qui distingue les copies : tous les candidats savent synthétiser, peu savent proposer.

L'avis argumenté

Formulation exacte de l'arrêté : « une réponse à une question conduisant le candidat à formuler une proposition ou un avis argumenté, complété, le cas échéant, d'une action à mettre en œuvre ».

Lisez la commande — l'action n'est pas systématiquement demandée. « Le cas échéant » signifie que cela dépend de la question posée. Plaquer un plan d'action là où on attend un avis, c'est ne pas répondre.

Un avis solide : une position claire énoncée d'emblée, deux ou trois arguments hiérarchisés tirés du dossier, la principale objection reconnue et traitée, et les conditions de mise en œuvre. Une position nuancée jusqu'à l'absence de position est une faiblesse, pas une prudence.


3. Épreuve n° 2 — QCM et QRC (2 h 30, coeff. 3)

QRC : le format de réponse

Quinze à vingt lignes. Ni dissertation, ni télégramme. La structure qui fonctionne :

  1. Définition cardinale — une phrase qui pose la notion sans ambiguïté.
  2. Visa exact — article, numéro, date. « L'article 32 de la LOLF » vaut mieux que « la LOLF ».
  3. Mécanisme — comment cela fonctionne concrètement, pas seulement comment cela s'appelle.
  4. Limite ou critique — c'est ce qui sépare 15 de 18.

Grille d'auto-correction

CritèrePoints
Visa exact du texte4
Définition cardinale posée d'emblée3
Mécanisme expliqué, pas seulement nommé4
Limite ou critique formulée4
Structure apparente3
Concision — 15 à 20 lignes respectées2

En dessous de 16/20, la notion repart au niveau 0 dans le moteur de révision.

QCM : la gestion du risque

Quatre propositions, une réponse. Une réponse au hasard réussit une fois sur quatre.

[À vérifier avant l'épreuve] — les modalités exactes de notation du QCM, et notamment l'existence éventuelle de points négatifs, doivent être confirmées dans la notice officielle du concours. Cette information conditionne entièrement la stratégie : avec points négatifs, s'abstenir quand on ignore ; sans, répondre toujours.

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